Je vous parle aujourd’hui d’un sujet que je connais particulièrement bien avec ma petite troupe à la maison. Sur mes trois chevaux, deux ont des soucis digestifs ou en tout cas une fragilité qui mérite une attention particulière.
Le premier, mon jeune cheval a eu des ulcères gastriques cet hiver et il a eu un traitement médicamenteux mis en place par ma vétérinaire. Il a une sensibilité importante au niveau de l’estomac et est un cheval anxieux avec une forte réactivité. Le cocktail explosif pour la muqueuse de l’estomac !
Pour le deuxième, un cheval qui prend 20 ans cette année, on est plutot sur des troubles intestinaux. Il a eu des épisodes de coliques ce qui lui a valu deux séjours en clinique… Il a également une tendance a ballonner et a faire des crottins mous vraiment pas top… Après avis vétérinaire, il semble qu’il ai une maladie inflammatoire des intestins (MICI) qui détraque le microbiote intestinal, provoque des diarrhées et écoulement entre les crottins (syndrome KotWasser) et surtout une malabsorption et une perméabilité de l’intestin.
Alors concrètement, comment aider son cheval qui a des troubles digestifs ?
Disclaimer : Evidemment ce ne sont que des conseils issue de mon expérience personnelle et cela ne se substitut pas à un avis oudiagnostic vétérinaire. Si votre cheval présente des douleurs, des troubles digestifs ou des changements brusques de comportement, votre vétérinaire doit être votre premier interlocuteur.
La guimauve : un véritable pansement végétal
Si vous deviez retenir une seule plante pour protéger le système digestif de votre cheval, la guimauve serait sans doute un excellent choix.
Sa richesse en mucilages lui confère une propriété particulièrement intéressante : au contact de l’eau, elle forme une sorte de gel doux et enveloppant. Une fois ingérée, cette texture vient littéralement tapisser les muqueuses digestives.
On peut imaginer cela comme un film protecteur qui se dépose sur les parois de l’estomac et de l’intestin. Ce “pansement naturel” aide à apaiser les irritations, à réduire les sensations d’acidité et à protéger les tissus fragilisés.
Chez les chevaux sujets au stress ou ayant une alimentation riche en concentrés, cette action est précieuse. Elle permet de limiter les agressions répétées sur la muqueuse gastrique, souvent à l’origine des ulcères.
La guimauve est aussi intéressante pour les chevaux présentant des crottins mous ou une sensibilité intestinale. Elle agit en douceur, sans perturber l’équilibre digestif.
Son seul “défaut”, si l’on peut dire, est sa lenteur d’action. Elle s’inscrit davantage dans une démarche de fond, en prévention ou en accompagnement, plutôt qu’en solution d’urgence.
Le curcuma : l’allié anti-inflammatoire et digestif
Le curcuma est aujourd’hui bien connu, aussi bien en médecine humaine qu’animale. Et pour cause : ses propriétés sont nombreuses, notamment grâce à la curcumine, son principe actif phare.
Dans le cadre digestif, son rôle est double.
D’une part, il agit comme un puissant anti-inflammatoire naturel. Il aide à apaiser les inflammations de la muqueuse gastrique. D’autre part, il soutient le foie, organe clé de la digestion. Un foie en bonne santé permet une meilleure assimilation des nutriments et une digestion plus fluide.
Ce qui rend le curcuma particulièrement intéressant, c’est son action globale. Il ne se contente pas de “cacher” les symptômes : il contribue à améliorer le terrain digestif dans son ensemble.
On l’utilise souvent en cure, notamment lors de périodes à risque : changement de saison, reprise du travail, transport ou compétition.
Il est cependant important de respecter certaines précautions. Le curcuma doit être introduit progressivement et peut interagir avec certains traitements médicamenteux. Un avis professionnel est toujours préférable en cas de doute.
L’aloe vera : réparer et rééquilibrer
L’aloe vera est une plante aux multiples vertus, et son action sur le système digestif est particulièrement remarquable.
Contrairement à la guimauve qui protège et au curcuma qui régule, l’aloe vera agit davantage sur la réparation et l’équilibre global.
Riche en polysaccharides, il favorise la cicatrisation des muqueuses digestives. Il est donc particulièrement indiqué chez les chevaux ayant déjà présenté des ulcères ou des inflammations.
Mais ce n’est pas tout. L’aloe vera contribue également à réguler le microbiote intestinal, cet ensemble de micro-organismes essentiels à une bonne digestion. Un microbiote équilibré, c’est un cheval qui digère mieux, assimile mieux et présente moins de troubles.
Il est souvent utilisé sous forme de jus ou de gel, en cure ou en soutien ponctuel lors de périodes stressantes.
Attention toutefois à la qualité du produit : l’aloe vera doit être purifié (sans aloïne) pour éviter tout effet laxatif indésirable.
Pour ma part, je prends le complément liquide Curcuma Digest de chez ESC Laboratoire qui associe le curcuma et l’aloe vera dans le même produit !
Une synergie particulièrement intéressante
Si ces trois plantes sont efficaces individuellement, leur véritable force réside dans leur complémentarité.
La guimauve agit comme un bouclier protecteur, le curcuma vient calmer l’inflammation en profondeur, tandis que l’aloe vera favorise la réparation et le retour à l’équilibre.
En les associant, on obtient une approche globale du système digestif :
- on protège,
- on apaise,
- et on régénère.
Cette synergie est particulièrement intéressante en prévention, notamment chez les chevaux sensibles ou exposés à des facteurs de risque.
La mélisse : apaiser pour mieux digérer
La mélisse est une plante souvent associée à la détente, et à juste titre. Mais son intérêt ne s’arrête pas là.
Chez le cheval, elle joue un rôle particulièrement intéressant à l’interface entre le système nerveux et le système digestif.
Car oui, le stress est un facteur majeur de troubles digestifs. Un cheval anxieux, sensible ou soumis à des changements fréquents peut rapidement développer des déséquilibres : transit irrégulier, inconfort abdominal, voire ulcères.
C’est là que la mélisse intervient.
Grâce à ses propriétés apaisantes, elle aide à réduire la tension nerveuse. Et en diminuant le stress, elle agit indirectement — mais efficacement — sur la digestion.
Mais la mélisse possède aussi des vertus digestives propres. Elle est reconnue pour :
- ses effets antispasmodiques (elle limite les contractions excessives de l’intestin),
- son action carminative (elle réduit les gaz),
- et son rôle dans le confort digestif global.
On peut donc la considérer comme une plante “pont”, capable d’agir à la fois sur l’émotionnel et sur le digestif.
Elle est particulièrement indiquée chez les chevaux :
- stressés ou anxieux,
- sujets aux troubles digestifs liés aux émotions,
- ou lors de périodes de changement (environnement, travail, transport).
Maintenant que l’on a pas mal parlé de l’estomac et des plantes qui peuvent l’aider et le soutenir, je vais aborder le soutien du système intestinal. Comment aider cette incroyable organe de manière naturelle ?
Le microbiote du cheval : un équilibre essentiel
Avant de parler de solutions, il est important de comprendre l’enjeu. Le cheval ne digère pas les fibres seul. Ce sont les micro-organismes présents dans son intestin et côlon qui s’en chargent, en les transformant en énergie utilisable.
Lorsque cet équilibre est stable, tout fonctionne bien : digestion efficace, bon état corporel, crottins normaux, confort digestif.
Mais dès qu’il est perturbé, les conséquences peuvent apparaître rapidement : crottins mous ou irréguliers, ballonnements, perte d’état voire coliques.
L’objectif des prébiotiques et probiotiques est donc simple : maintenir ou restaurer cet équilibre.
Les prébiotiques : nourrir les bonnes bactéries
Les prébiotiques sont souvent moins connus, mais leur rôle est fondamental.
Contrairement aux probiotiques, ce ne sont pas des micro-organismes. Ce sont des substrats, généralement des fibres spécifiques, qui servent de nourriture aux bonnes bactéries déjà présentes dans l’intestin.
On peut les comparer à un engrais naturel pour le microbiote.
En apportant des prébiotiques, on favorise le développement des bactéries bénéfiques, ce qui permet de renforcer l’équilibre global de la flore intestinale.
Chez le cheval, les prébiotiques contribuent notamment à :
- améliorer la digestion des fibres,
- stabiliser le microbiote,
- limiter les déséquilibres digestifs,
- soutenir l’immunité (car une grande partie du système immunitaire est liée à l’intestin).
Ils sont particulièrement intéressants sur le long terme, en prévention, pour entretenir un microbiote sain.
Les probiotiques : réensemencer la flore intestinale
Les probiotiques, quant à eux, sont des micro-organismes vivants. Il peut s’agir de bactéries ou de levures, sélectionnées pour leurs effets bénéfiques sur la digestion.
Leur rôle est d’apporter directement des “bonnes bactéries” dans l’intestin, notamment lorsque la flore a été perturbée. On parle souvent de “réensemencement”.
Les probiotiques sont particulièrement utiles dans des situations où l’équilibre du microbiote a été fragilisé :
- après un traitement antibiotique,
- lors de diarrhées,
- en cas de stress important,
- ou après un changement brutal d’alimentation.
Ils permettent d’aider le système digestif à retrouver un fonctionnement normal plus rapidement.
Cependant, leur action est souvent temporaire. Les micro-organismes apportés ne s’installent pas toujours durablement, d’où l’intérêt de les associer à des prébiotiques.
Une complémentarité essentielle
Plutôt que de les opposer, il faut voir les prébiotiques et les probiotiques comme deux outils complémentaires.
Les probiotiques apportent des micro-organismes utiles. Les prébiotiques, eux, créent un environnement favorable pour que ces micro-organismes puissent se développer et durer.
Ensemble, ils forment une approche cohérente et complète :
- les probiotiques “réparent”,
- les prébiotiques “entretiennent”.
C’est cette combinaison qui est souvent la plus efficace, notamment dans les phases de transition ou de récupération.
Les levures actives : au cœur de l’équilibre intestinal
Les levures actives, notamment issues de Saccharomyces cerevisiae, sont utilisées depuis plusieurs années en nutrition équine pour leur capacité à soutenir cet écosystème fragile.
Comme je l’ai dit juste au-dessus, elles ne servent pas à “digérer” directement les aliments. Leur rôle est plus subtil, mais essentiel : elles viennent stimuler et stabiliser les bonnes bactéries déjà présentes dans l’intestin.
En favorisant un environnement plus stable (notamment en régulant le pH du côlon), les levures actives permettent une meilleure fermentation des fibres. Résultat : une digestion plus efficace, une meilleure valorisation de la ration, et souvent une amélioration de l’état général du cheval.
On observe également une réduction des déséquilibres digestifs, comme les crottins mous ou les épisodes de fermentation excessive.
Comme toujours en nutrition et en phytothérapie, tous les produits ne se valent pas.
Pour les probiotiques, il est essentiel de choisir des souches adaptées au cheval et suffisamment concentrées pour être efficaces.
Pour les prébiotiques, la qualité et la nature des fibres sont également déterminantes.
Il est aussi important de garder en tête que ces solutions ne remplacent pas une alimentation adaptée. Le foin reste la base indispensable de la santé digestive du cheval.
Enfin, en cas de troubles digestifs importants ou persistants, je le répète, l’avis d’un vétérinaire reste incontournable.
Conclusion : une approche globale et naturelle de la digestion du cheval
Prendre soin du système digestif du cheval, ce n’est pas seulement ajuster sa ration. C’est comprendre un équilibre complexe, où interviennent à la fois les muqueuses digestives, le microbiote intestinal, l’inflammation et même l’état émotionnel de l’individu (et je suis vraiment, vraiment bien placé pour le savoir ! )
À travers la guimauve, le curcuma et l’aloe vera, on agit directement sur la protection, l’apaisement et la réparation des tissus digestifs. Avec les levures actives, les prébiotiques et les probiotiques, on soutient en profondeur le microbiote, véritable moteur de la digestion. Enfin, grâce à la mélisse, on prend en compte un facteur souvent sous-estimé mais essentiel : le stress.
Pour moi, ces produits sont mon Combo gagnant. Ce sont mes chouchous pour protéger et prendre soin du système digestif de mes chevaux. Evidemment j’adapte en temps réel la ration en premier lieu, puis je leur propose les plantes qui je pense, vont les aider au mieux.
Dans un contexte où les conditions de vie modernes peuvent fragiliser leur équilibre digestif, ces outils offrent une réponse douce, préventive et durable.
Car au fond, l’objectif n’est pas seulement de corriger les troubles lorsqu’ils apparaissent, mais bien de créer un terrain favorable pour qu’ils n’apparaissent pas.
Remerciements
Cet article m’a été inspiré par mes chevaux bien sûr mais a pu être illustré par de magnifiques photos de ma partenaire @EmiliaFortannier.
Je remercie également ma vétérinaire qui est d’excellent conseil et avec qui j’ai plaisir a échanger.
Je remercie également le Laboratoire ESC avec qui je travaille pour la qualité et le soin apporté à ses produits, et qui me permet de prendre soin de manière naturelle de mes chevaux.
